Le trou de la serrure

Publié le 30 Décembre 2020

Consigne : imaginer que l’on surprend une situation par le trou de la serrure d’une porte

 

Je me souviendrai toujours du jour du contact.

Je me promenais près de chez moi, dans un grand bois entouré d’un haut mur de pierres.  Sur le sentier, mes pieds froissaient un lit de feuilles mortes tombées pendant la tempête de la veille.  Une douce odeur d’humus et de champignons me chatouillait les narines.

J’arrivai bientôt à la porte arrière du domaine.  Petite porte grise toujours fermée à clé, elle était encastrée dans le mur de pierres rouges, la serrure rouillée par les ans.

A chaque fois que je passais par-là, je ne pouvais résister à la tentation de regarder par le trou de la serrure pour voir ce qui se passait de l’autre côté.  J’avais beau savoir que derrière la porte il n’y avait qu’un grand champ en friche, ma curiosité était la plus forte d’autant plus que ce jour-là il y avait comme un bourdonnement sourd qui semblait venir de l’autre côté du mur.

En m’approchant de la porte, je fus surprise de voir une lumière intense rayonner à travers du trou de la serrure.  Je m’approchai encore pour jeter un œil mais la lumière était si intense que j’en étais éblouie.

Etonnée car le soleil de midi était haut dans le ciel, je me reculai et cherchai au pied du mur pour trouver un tesson de bouteille en verre fumé que j’étais sure d’y trouver pour en avoir déjà vu à cet endroit.

Rapidement je trouvai un morceau de verre marron assez grand pour couvrir le trou de la serrure.

Avec cette protection je me penchai pour regarder à nouveau et restai bouche bée.  Je n’arrivais pas à croire que cette lumière vive, pulsante, venait bien de l’engin posé au milieu du pré.

De forme ovale, posé sur trois pieds, il y avait une rampe déployée jusqu’au sol en bas de laquelle se trouvait deux personnes.  Non.  Deux êtres.  Je voyais bien qu’ils n’avaient pas la même physionomie que les humains.

Petits, environ un mètre cinquante, les membres minces pour ne pas dire fluets, ils étaient vêtus d’une combinaison que je voyais mauve à travers le verre fumé.  Il y avait un motif doré autour du cou et des mains.  Ces dernières étaient dotées de quatre longs doigts.  Je ne les voyais que de dos au début aussi lâchais-je un cri de surprise lorsqu’ils se retournèrent vers moi.

Ils n’avaient pas d’oreilles, leur bouche était petite, ils avaient un nez assez fin et pointu et surtout deux grands yeux noirs en forme d’amande sous un grand front dégarni, haut et large.

Mon cœur se mit à battre la chamade.  Je devais bien me rendre à l’évidence que j’avais sous les yeux la preuve d’une vie extraterrestre.

Je voulus prendre une photo avec mon téléphone mobile, mais je me rendis vite compte qu’il ne fonctionnait pas.

Je regardai de nouveau par le trou de la serrure et je vis que les deux extraterrestres s’étaient approchés de la porte.

Alors que je ne vis aucun mouvement de leurs bouches, j’entendis, dans ma tête ; « n’aie pas peur, nous repartons ».

Je pensai très fort « NON, NON ! Attendez, je dois savoir ! »

Mais je les vis secouer la tête et j’entendis « l’humanité n’est pas encore prête » avant qu’ils ne tournent les talons et remontent rapidement la rampe pour disparaissent à l’intérieur de leur vaisseau.

Puis la rampe s’escamota, la lumière vive brilla encore plus fort, et, en un instant l’appareil s’envola, plus vite que le temps qu’il me fallut pour réaliser qu’il était parti.

Depuis, à chaque fois que je passe devant cette porte, je regarde par le trou de la serrure et je me souviens du jour du contact.

 

 

 

Rédigé par Michelle@L'Arbresle

Publié dans #Atelier d'écriture, #Histoires courtes

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